samedi 4 avril 2009

NO COMMENT

jeudi 2 avril 2009

Jan Fabre (é)branle la politique

Paris le 31 mars 2009. Tout commence par une partie de branlettes sur des canapés chesterfields. Quatre filles (dont deux sont des hommes), branlent quatre hommes (dont deux sont des filles), vu ?... Rien de transgenre (chez le Flamand) sinon l’effet : – ou alors ‘’c’est pas net’’ comme on l’entendit de certaines bouches après la représentation. ‘’L’Orgie de la Tolérance’’, titre (un peu lourd) de cette pièce, dénonce tout : l’argent, la société de consommation, le racisme, la guerre, la religion (…), et se termine par une liste complémentaire de « fuck you le théâtre et de ses directeurs, fuck you le Ministère de la Culture, fuck you le public, fuck you tout le monde et même fuck you Jan Fabre (lui-même-himself-en-personne). Une fin qu’on peut d’autant mieux révéler qu’elle n’apporte rien à cette ‘’pièce frontalement politique’’ (dixit le Maître), et qui justifie ses propos qui appuient peut-être un peu trop sur le bouton du racisme (par exemple) : le marocain (cité plusieurs fois et surtout quand ‘il sent l’ail) et le juif (pour les raisons évoqués généralement), alors que ‘’les autres’’ et ‘’le reste’’ ne sont ‘’sobrement’’ cités qu’une seule fois par le ‘’Guerrier de la Beauté’’: comme l’artiste aime se définir. De là le ‘’c’est pas net’’ prononcé par certains spectateurs et le léger malaise ressenti par d’autres pendant le spectacle. Mais puisque Jan Fabre répète partout que tout ça est fait pour dénoncer ce qui (selon lui) ronge la société - sur ‘’fond de pureté et de beauté tout en blondeur’’, avec uniformes et parties de chasse à la manière du Comte Zaroff - et que c’est dit et redit par l’Artiste, nous serions bien mal disposés à nous laisser aller à penser ‘‘que’’… Au passage, le sexe, l’érotisme et les fantasmes, tels que nous les vivons aujourd’hui, ne sont pas épargnés : ‘’La pornographie s’invite chez vous par tous les canaux médiatiques, la publicité recycle l’érotisme en boucle, le sexe se pratique au téléphone et l’intime s’expose à tout va. Où est le vrai désir ? Même la volupté devient un sport. Chacun doit jouir. Notre société compétitive transforme l’orgasme en performance. Les valeurs s’évaporent dans cette normalité triomphante. (…)’’ - selon les propos du créateur, retranscrit dans le programme du Théâtre de la Ville par Gwénola David. Mince alors !... Nous n’allons tout de même pas croire qu’il y aurait là-dessous un peu d’intolérance, de retour à l’ordre moral et au religieux et tout et tout …, non ? A se laisser aller ‘’à penser que…, pas vrai ?... Nonobstant, ce spectacle est un très bon Jan Fabre. Pour une fois, les textes ne sont pas (seulement) de lui mais créés avec les neuf performeurs : quatre sont des filles, tous d’excellents comédiens, danseurs (et même pour certains chanteurs), dont Ivana Jozic, égérie du Maître, carrossée comme Cyd Charisse dont on disait : ‘’elle a plus de courbes qu’un grand huit’.’ Un spectacle - justement -, avec du sexe (évoqué, mimé, parodié) et de l’érotisme (bien présent), avec de beaux moments et pas mal d’humour. Pour une fois (sauf exceptions) la pièce fut très applaudit par l’ensemble de la salle. A voir !... Complet à Paris, mais à recommander à ceux qui seront au prochain Festival d’Avignon : surtout que ce dernier s’annonce peut-être comme le moins sexy de l’ère Baudriller-Archambault (les directeurs). Mais sait-on jamais… Le Festival 2007 n’a pas été très érotique non plus dans sa programmation : et pourtant !... Il suffit parfois d’une apparition, d’une image, d’un Ange qui passe - comme dans ‘’Angels In América’’ mis en scène il y deux ans par le polonais Warlikowski -, pour vivre et garder en souvenirs quelques moments inoubliables. Et puis quand on pense qu’il y a des fétichistes de l’arbre mort (je ne plaisante pas, cf. : nécrodendrophilie), en fouillant bien, chacun pourra certainement trouver ''son moment d'érotisme dans l'une des pièces de prochain Festival d’Avignon avec, entre autres créateurs de talent toujours très attendu, Krzysztof Warlikowski........................................... .................................... L’Orgie de la Tolérance : concept, mise en scène, chorégraphie et scénographie de Jan Fabre jusqu’au 4 avril au Théâtre de la Ville à Paris : www.theatredelaville-pris.com et du 9 au 15 juillet (relâche le 14) au Festival d’Avignon : http://www.festival-avignon.com/ EROCULTURE sera présent au Festival d’Avignon du 7 au 29 juillet 2009.

mardi 31 mars 2009

POUPEE 4.0

POUPEE 4.0 - Photo-illustration - Titre : Barbie

POUPEE 3.1

Le rituel protège la mémoire ancrée dans le désir de l’oubli. Quiconque, qui a perdu l’être Aimé - et qui s’aventure sur ce terrain - le sait... Ici, sur cette tombe, chaque nuit en témoigne…

Ainsi, après avoir respiré une dernière fois le fumet de la terre humide et pâteuse qui recouvrait la boîte, l’homme consentit à ce que Luba sortit le substitut de son amour du cercueil. La poupée était habillée chaudement - nous étions en octobre, là où les nuits provençales commencent à être froides ; et l’homme avait bien remarqué qu’elle n’appréciait guère une fraîcheur trop prégnante, sans compter que le froid ne l’aidait pas lui-même à bander. C’est pourquoi - dès le début septembre -, il avait entreposé quelques couvertures dans la tombe : et lui-même prenait soin de bien se couvrir. ‘’Monsieur’’, comme il avait demandé à la jeune femme qui l’accompagnait de l’appeler, vivait donc une nécrophilie toute particulière. Devenu pédiophile - autrement dit qui aime une poupée -, il vénérait par-dessus tout la réplique en silicone - et presque parfaite - de celle qui lui fit perdre la raison après avoir disparu un jour dans un lac de montagne… C’est pourquoi il voulut - pour elle - une sépulture et une poupée à l'intérieur pour prendre la place de ce corps à jamais englouti par les eaux, pour donner, en quelque sorte, une matérialité à cette mort qui n’en avait pas. Il avait fourni à un artisan japonais - de grande renommée - moult photos et renseignements sur le corps de la Disparue pour que la poupée soit très ressemblante. Une fois fait, il organisa discrètement un enterrement au cimetière du village provençal - où il demeurait depuis sa retraite de flic -, sans que jamais il ne vît la poupée. Tel un croque-mort, le représentant français du nippon était venu seul dans une grande voiture noire avec, à l’intérieur du véhicule, un cercueil et la poupée dedans… Il ne se passait pas un jour sans que ‘’Monsieur’’ ne se rende au cimetière, - surtout la nuit. Rongé par son histoire - et alors qu’il rôdait près de la tombe un soir sans lune -, il lui prit de déterrer l’objet de tous ses désirs… Il dégagea violemment la terre qui recouvrait le cercueil - et sur laquelle il avait planté des fleurs -, ôta la plaque intermédiaire du caveau et s’enfonça dans le trou… L’homme avait commencé à faire le récit de son histoire à Luba : cela faisait partie du contrat. La jeune femme exige avant tout de ses clients qu’ils lui racontent l’histoire de la poupée sur laquelle elle intervient. Et si Luba avait déjà vu pas mal de bizarreries, celle-ci l’étonna vraiment… Après une courte pose - le temps d’une cigarette fumée dans le silence -, ‘’Monsieur’’ reprit… Une première fois, dit-il, puis deux, puis trois… Depuis, l’homme se rend au cimetière au moins un jour sur deux - tard dans la nuit - pour la baiser comme une femme ; après quoi, il passe un long moment enlacé à sa poupée pour lui dire son amour. L’homme opère toujours de la même manière. Il brasse la terre et la respire comme la Petite aimait le faire. Il dégage ensuite la plaque qui sépare la terre du cercueil et s’enfonce dans ce trou qu’il qu'il creusa lui-même la veille de l’enterrement. Une fois le cercueil ouvert, il relève la poupée pour la mettre d’abord en position assise, avant de se livrer à toutes sortes de préliminaires qui le conduisent ensuite à mêler la chair et le polymère dans des étreintes caverneuses… Regardez d’abord ce qu’elle a et vous la prendrez ensuite, dit l’homme... Je ne vous aide pas, dit-il, car je ne veux pas vous voir en train de la toucher. Il s’éloigna de la tombe, et c’est avec difficultés que la jeune femme put sortir cette ‘’fille’’ du cercueil après avoir évalué rapidement sa blessure. Voilà, dit-elle, maintenant, vous pourriez peut-être m’aider à la couvrir et à la charger sur le chariot ? Non, débrouillez-vous ! dit l’homme, je ne veux pas vous voir la toucher, je vous l’ai déjà dit ! Pourtant, il va bien falloir que je la touche, dit Luba ; et vous faire à l’idée qu’elle va passer quelques heures entre mes mains, si vous voulez que je la soigne… L’homme ne fit que ronchonner en guise de réponse… Demain c’est vous qui la remettrez dans le cercueil ; à trois heures du matin au plus tard, vu ? Vous viendrez seule, je ne veux plus vous voir ! L’argent vous parviendra demain matin à votre atelier par coursier, soyez tranquille ! Pas la peine de vous rappeler nos accords, n’est-ce pas ? Pas la peine, coupa la jeune femme. Personne ne saura rien et j’aurai terminé demain soir comme prévu. En revanche, il faudra attendre au moins deux jours avant de manipuler sa jambe. Il y aura une protection autour : ne l’enlevez pas au moins avant quarante huit heures. En attendant, vous pourrez toujours voir la Belle et l’asseoir dans le cercueil pour vous en faire tailler une : c’est pas interdit !... Hé ! Ne soyez pas familière ‘’comme ça’’ ma p’tite ! Et gardez votre humour pour vous ! Ca va, répliqua la jeune femme, détendez-vous un peu !… Vous savez que vous pouvez me faire confiance, non ? Je vous comprends et je ne vous juge pas : vous n‘avez pas saisi, ça ? Ouais, d’accord ! Allez, partez !...’’ De retour à son atelier, Luba put tranquillement évaluer le travail qu’elle allait devoir attaquer cette nuit même. La poupée avait été endommagée par le lourd couvercle du cercueil - en chêne - que ‘’Monsieur’’ avait maladroitement manipulé. L’opération ne serait pas facile ; et la jeune femme se demandait même s’il n’était pas mieux de l’amputer pour tenter, ensuite, de remplacer sa jambe. Heureusement, son habileté l’informa très vite qu’elle pouvait sauver le membre en remplaçant les parties endommagées par des morceaux qu’elle dut créer, mouler, et ensuite greffer… Selon ses habitudes, elle commença à prendre des photos de la doll et nota sur son ‘’Journal des poupées malades’’ l’histoire de sa dernière patiente. En tant qu’experte dans la réparation de toutes sortes de poupées, Luba était très habile avec la silicone : et donc une spécialiste chevronnée des reals dolls. Elle en fabriquait déjà des bouts, et elle envisageait maintenant de commencer à produire des poupées entières avec de nouvelles techniques de son invention. Officiellement, la jeune femme était connue comme réparateur de jouets, spécialisée dans les poupées. Mais ce que ne disait pas son site Internet, c’est qu’elle intervenait très discrètement chez des propriétaires de dolls aux histoires très particulières. Cette fois, elle avait été contactée par téléphone par ‘’Monsieur’’. C’est ensuite par un pli - livré par un coursier -, qu’elle apprit que l’homme la convoquait dans un cimetière niché à plus d’un kilomètre d’une petite commune au nord du Vaucluse - et à plus d’une heure de chez elle en voiture. En général, Luba ne sait pas par le biais de qui, ou de quel ‘’réseau’’ les clients la contactent. Elle jouit d’une réputation qui dépasse largement les frontières de l’Europe. Certains collectionneurs et autres propriétaires de poupées se transmettent ses coordonnées ‘’sous le manteau’’. Sauf exception, la chirurgienne n’accepte pas de déplacements trop lointains ; d’autant qu’il lui faut, dans la plupart des cas, un ensemble d’instruments et un outillage qui ne sont pas faciles à transporter. Elle avait pourtant accepté, au printemps dernier, de se rendre - avec une bonne partie de ses outils-, au chevet d’une real doll à New York : d’abord parce que le demandeur lui avait offert pas mal d’argent, mais surtout parce que l’occasion lui était donnée - à la fois - de retourner dans cette ville qu’elle avait adorée dix ans plus tôt, et qu’elle voulut en profiter pour faire un saut au Mexique - un peu au large de Mexico -, sur une petite île appelée l’Ile aux Poupées où une famille, depuis quelques générations, recueille et expose les poupées rejetées par la mer... http://cieadrienm.blogspot.com/2008/09/lle-des-poupes.html Elle ne fut pas déçue de son voyage, des gens et des poupées qu’elle put rencontrer, que ce soit sur cette île où à New York. Son client américain était venu la chercher à Kennedy Airport, et elle accepta le soir même un dîner en sa compagnie. Il était accompagné d’une fille très belle - qui semblait être sa maîtresse -, et Luba, après un fastueux dîner, se laissa entraîner dans un club à la mode. L’homme, vers deux heures du matin, prit congé des deux filles. La créature - comme avait envie de la surnommer Luba - s’appelait Aileen. Cette dernière montra à la française combien elle l’appréciait, et les deux femmes se retrouvèrent très vite à flirter sauvagement dans la rue avant de s’embarquer dans un taxi. Je vais te présenter une poupée lui dit la ‘’créature’’, - comme ça on sera trois, ok ? Ca me plaît, lui dit Luba. Mais qui est cette poupée ? C’est un mannequin, répondit Aileen ; la réplique d’un mannequin, d’une fille assez célèbre qui s’appelle Natasha. La doll est très belle et plus sensuelle que toutes les poupées que je connais : c’est très excitant de s’amuser avec elle, tu verras. Natasha - que je n’ai pas encore rencontrée -, loue sa doll comme une prostituée. Il n’y a pas longtemps qu’elle a commencé et elle est déjà très connue à New York : http://eroculture.blogspot.com/2009/03/du-bon-usage-de-la-poupee_13.html A tes yeux, on dirait que tu l’aimes beaucoup cette poupée, tu vas souvent la voir, lui demanda Luba ? Assez souvent, oui, mais jamais seule… Et on peut arriver ‘’comme ça’’, sans rendez-vous ? Non, bien sur ! Mais dès que je t’ai vu entrer au restaurant, j’ai tout de suite décidé de la réserver pour la nuit : tu vois ce que je veux dire ?... Depuis son retour de N.Y.C., Luba et Aileen avaient gardé le contact. Elles se parlaient souvent par e-mail ou par téléphone et Luba restait fascinée par la beauté rousse et le charme exceptionnel de l’Américaine. Cette nuit-là, penchée sur la fille du cimetière - une autre beauté dont le modèle vivant devait avoir vingt ans à peine -, Luba décida de fabriquer sa première real doll. Elle arrêta son travail, se fît un thé et décida d’appeler Aileen… Allo, Aileen ? Yes !... C’est toi Darling ?... En direct de mon atelier, oui ! Ici il est huit heures du matin chérie ! Je bosse comme une folle…, mais j’ai envie de te parler, de te dire… Quoi ? De te dire…, que tu vas devenir ma poupée, ma première doll, Baby !… Je vais faire de toi la plus belle de toutes les filles. Tu auras ta jumelle, comme Natasha : mais nous serons les seules à le savoir. Je ne te présenterai à personne, jamais ! Tu seras ma femme et je te cacherai dans un cercueil…... A suivre... POUPEE 3.2

dimanche 29 mars 2009

NO COMMENT

Image : photo et dessin d'après une illustration ancienne - auteur anonyme.

mercredi 25 mars 2009

EN QUELQUES MOTS

De Georges Bataille : Je défie n'importe quel amateur de peinture d'aimer une toile autant qu'un fétichiste aime une chaussure. Question à Pablo Picasso : Quel est la différence entre l'art et l'érotisme ? Réponse : Il n'y en a pas. Réponse intercalaire : L'érotisme, c'est l'art en marche...

Photo réalisée à l'Espace L140 à Montmartre où l'exposition HAIR 140 - ayant pour thème le cheveu - se prolonge. Voir l'article du 9 mars sur ce blog.

samedi 21 mars 2009

DU BON USAGE DE LA POUPEE

POUPEE 2.0

Le rat - Métaphore - d'un "certain" père - matérialisée et photographiée le 19 mars 2009, d'après l'histoire vraie de Cécile V.